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Aytré

Histoire de l’église d’Aytré

 

 

               Père Jean-Baptiste BERNARD (né en 1802, curé d’Aytré de 1827 à 1873)

 

Commentaires sur la construction du clocher (nota: Texte original, sans correction).

 

http://paroisselarochellesud.fr/wp-content/uploads/2018/08/Aytr%C3%A9-300x300.jpgCette année, quoi que passée dans les occupations ordinaires de mon Ministère, fut cependant marquée par un évènement bien capable de réjouir le cœur d’un pasteur. La Divine Providence inspira au Maire la pensée de restaurer en entier l’église et de construire un clocher. Monsieur BROSSARD, architecte du Département mit ce projet à l’étude et l’année s’écoula sans le voir se réaliser. Toutefois, de temps en temps, dans l’occasion, je parlais de ce projet et m’efforçais d’entretenir le feu sacré.

1851

La postérité religieuse de cette Paroisse devrait à jamais bénir cette année et rendre à Dieu les hommages de la bonne réussite de la restauration de l’église. Monsieur BROSSARD en tira enfin le plan et fit le devis des divers travaux qui s’élevaient, en totalité, à la somme de treize mille francs.

         1) Pour les réparations du corps de l’église qui consistaient à l’élever de trois mètres dans toute la longueur pour pouvoir faire la voute en briques :     8473 francs 49 centimes.

         2) Pour le clocher à élever derrière le Chœur de l’église :   3854 francs 31 centimes, à ajouter pour dépenses  imprévues et frais de Direction :  672 francs 20 centimes

                                                                                                                               Total général :  13000 francs.

 

 

          Voici quelles étaient nos ressources:  La Caisse Municipale avait un boni de quatre mille francs. Le Conseil vota, de plus, 3000 francs pendant quatre ans. La fabrique s’engagea pour la somme de mille francs et une quête volontaire que je fis à domicile produisit 1000 francs. Ce qui éleva nos ressources au chiffre de 9000 francs.

         Ce fut donc avec cette somme et avec l’espérance que le Gouvernement viendrait à notre secours que les travaux furent entrepris. L’adjudication s’en fit par soumission cachetée à la Mairie le 18 juillet 1851. L’entrepreneur à qui les travaux furent adjugés moyennant douze pour cent de rabais fut le Sieur Deschamps domicilié à La Rochelle. Il eut pour caution le nommé Bilard, charpentier- menuisier qui lui-même fit la charpente de l’église et les mesures de la voute. Le plâtrier qui fut chargé de la voute de l’église est le Sieur Gaillard. L’église devait seulement être exhaussée et couverte le 20 octobre de la même année. En conséquence les travaux qui devaient commencer le 17 août ne commencèrent que le 20, à cause de la mort de Mr Grossetière Maire, qui fut presque subite. Homme de bien et dévoué, recevez ici mon regret profond et sincère ! Cette perte fut cruelle pour moi parce que j’allais alors, jusqu’à la nomination d’un nouveau Maire, être chargé de tout l’embarras de cette entreprise. Et Dieu seul sait toutes les peines dont il m’a fallu porter le fardeau. Ce fut le jour de la Toussaint que je dis la messe dans l’église recouverte de la nouvelle charpente. Pendant la durée de ces premiers travaux je disais la Sainte messe tantôt dans la salle de la Mairie, tantôt dans une portion de l’église. Enfin, l’église couverte, les travaux furent suspendus et nous passâmes le reste de l’hiver dans l’église couverte et exhaussée.

 

1852

A peine cette année était-elle commencée que j’aurais voulu que les travaux de l’église fussent repris. C’était là l’élan de mon cœur mais ma raison me disait que la saison n’était pas propice. Toutefois pour ranimer l’ardeur de mes paroissiens, j’imaginais une solennité, ce fut celle de bénir la première pierre du clocher projeté. Je transcris ici le récit de cette fête tel que je le fis insérer dans le journal l’Echo rochelais:

     « Une belle et touchante cérémonie a eu lieu dans la Paroisse d’Aytré, samedi dernier, 28 février. Il s’agissait de la bénédiction et de la pose de la première pierre de l’église à la restauration de laquelle on travaille en ce moment. L’assistance était composée de Mr le Maire, des deux adjoints, une grande partie du Conseil municipal, les membres de la fabrique, tous les principaux propriétaires et la majeure partie de la population. Le cortège, réuni à l’église, en est sorti à la suite de la Croix que suivait un chœur de chanteuses dirigé par la sœur de Mr le curé. Dans cet ordre, on se rendit, au chant d’un cantique approprié à la circonstance, à l’Est de l’église où doit s’élever le clocher. Là, le pasteur, après avoir béni la pierre, objet pieux de la cérémonie, montra aux regards étonnés une médaille d’une large dimension qu’allait recouvrir la pierre du clocher. Mais avant de la déposer dans le lieu désigné, il donna lecture de son inscription ainsi conçue : « Restauration de l’église paroissiale de Saint Etienne d’Aytré, qui déjà en 1828, fut prolongée par Mr LENARD, curé, de dix mètres et quatorze de largeur. Adjudication des nouveaux travaux par Mr Grossetière, Maire. Ils ont commencé le 20 Août 1851 ». Au revers de la médaille, il y a : « La pose de la première pierre du clocher, le 28 Février 1852. Mr Brossard, architecte, Deschamps, entrepreneur, Damien (Théophile), Dupeux, Pequiet, Soubiseau, marguilliers ; Mr Théodore Damien, Maire, successeur de Mr Grossetière décédé neuf jours avant l’ouverture des travaux de restauration ; Grelles, Dr Marc, Bonnaventure, Bectier, Jaudeau, propriétaires ; Bernard, curé, facit. »

Cette lecture terminée, Mr le curé remit cette médaille à Mr le Maire qui la plaça dans son lieu. La pierre la recouvrit et fut scellée par chacun des assistants qui vint donner son coup de marteau. Alors, le pasteur réclama le silence et adressa à l’honorable assemblée l’allocution suivante :

     « Messieurs, l’empressement que vous avez mis à vous réunir à nous pour assister à la pose de la 1ère pierre de ce clocher est un des motifs qui me fait prendre la parole pour vous faire part des sentiments divers dont mon âme de pasteur est pénétrée. La pose d’une première pierre de clocher est un mot d’une douce et suave mélodie pour les oreilles d’un pasteur comme pour celles des brebis qui lui sont confiées. La pose d’une première pierre de clocher atteste à la postérité l’espoir religieux d’une population et son goût prononcé pour tout ce qui est grand, saint, utile et immortel. Eriger, enfin, un clocher, c’est élever à Dieu un titre triomphal qui proclame à la fois sa gloire et son amour. Et autrefois, dans le désert, Moïse faisait élever un serpent d’airain devant son peuple pour calmer les esprits et ranimer les courages abattus ; si, à la vue de ce signe, les blessures occasionnées par des reptiles venimeux disparaissaient, quels sentiments de force, de piété et de confiance ne doit pas inspirer, au loin comme auprès, l’aspect d’un clocher qui est le signe élevé de la maison de Dieu ! Quels effets salutaires ne produit pas, dans l’âme chrétienne, la vue de la Croix posée à son sommet, annonçant au loin les bontés et les miséricordes du Dieu trois fois Saint !

A ces précieux avantages, qu’il me soit permis d’ajouter, Messieurs, que ce monument à élever à toutes vos sympathies comme il a l’assentiment de cette population toute entière ; car vous avez contribué, les uns et les autres, à la restauration de cette église selon votre position de fortune respective ; bien plus, et je me plais à le proclamer hautement, les riches et les pauvres ont rivalisé de zèle et de sacrifices pour cette œuvre, éminemment catholique. Néanmoins, malgré ces généreux efforts, tout n’est pas fini, Messieurs, car l’église n’est même pas terminée. Et cependant, nous ouvrons notre cœur à l’espérance qu’elle le sera bientôt, convaincus que nous sommes que votre concours et votre appui ne nous manqueront pas. Quant au clocher dont nous posons et bénissons la première pierre, nous allons le laisser où il en est jusqu’à ce que le Gouvernement ait statué sur les demandes de secours que nous lui avons adressées. Toutefois, il faut dire, les diverses réponses que nous en avons reçues sont toutes favorables à notre entreprise. Je vais, en première ligne, vous citer une lettre de Mr le Général Vast-Vimeux datée du 19 mai 1851 et qui est ainsi conçue :

« Je me suis acquitté, Mr le curé, avec autant d’empressement que de plaisir, de la bonne mission que vous m’avez donnée au sujet de votre église paroissiale, et je viens vous rendre compte de mes démarches. L’instruction de cette affaire paraît complète, mais il ne peut être statué quant à présent sur cette demande de secours par le seul fait que les fonds alloués pour 1851 viennent d’être épuisés. Infailliblement, la Commune d’Aytré obtiendra un secours sur les fonds de 1852. Je regrette, Mr le curé, de n’avoir pas été mis plutôt au courant de cette affaire »……………

Marguillier : Membre du conseil de fabrique d’une église paroissiale, notamment sous le régime du Concordat.

Fabrique : Centre temporel de l’administration de l’église.

 

 

 

                                                           Les églises d’Aunis, Yves BLOMME,

                                           ( Ed. Bordessoules, Saint-Jean d’Angély, 1993)

 

 

http://paroisselarochellesud.fr/wp-content/uploads/2020/11/IMG_9306-300x225.jpg« « Cette cure, très proche de LA ROCHELLE, était la présentation du prieur bénédictin de Fors, qui dépendait lui-même de l’abbaye de Bourg-Dieu. Son église, plus que d’autres, eu terriblement à souffrir des guerres civiles, jusqu’au grand siècle de 1628. 

En 1652, « l’église n’est qu’un petit renclos basty dans l’ancienne église, tout ouvert d’un costé en sorte qu’il est difficile d’y pouvoir faire le service. Ce qu’il y a de couverture a esté mis incontinan aprez le siège de LA ROCHELLE. Les murailles de l’église sont pour la pluspart en entier. Il paroit que la dite église a esté fort belle et grande … » L’espace compris dans ces anciens murs est couvert dans la seconde moitié du siècle. 

En 1699, il y a au-dessus de la porte d’entrée une rose dont les vitres sont cassées. L’église demeure ni lambrissée ni voutée. Au XIXème siècle, l’abbé Bernard, curé à partir de 1827, entreprend la transformation de l’édifice : une travée est ajoutée vers l’Est, dès 1828. Vingt-quatre ans plus tard, les murs sont surhaussés pour permettre la construction de voûtes en briques. Puis, c’est l’édification du clocher, derrière l’abside, sur les plans de Brossard, qui a lieu en 1853. L’église eut encore à subir, de 1965 a 1967, une restauration qui la priva de tout son mobilier ancien. 

Telle qu’elle se présente aujourd’hui, l’église d’Aytré ne laisse pas de décevoir. L’intérieur, uniformément peint, est dominé par les maladroites voûtes d’ogives élevées par l’entrepreneur Deschamps, au milieu du XXème siècle. Cependant, les murs latéraux des trois travées occidentales ont conservé des éléments anciens. Au Nord, la maçonnerie à petits moellons réguliers qui montent à plus de trois mètres, paraît même être préromane. Dans la première travée, s’ouvre une étroite ouverture au cintre monolithe gravé de faux claveaux. ; et dans la troisième s’ouvrait un portail plus tardif aux voussures faîtes de moulures toriques, aujourd’hui dissimulé par une remise. Le mur Sud, uniformément crépi, est aussi rythmé de contreforts médiévaux au sommets des quels quelques mordillons romans ont été réinstallés dans l’exhaussement de 1851. La large façade Ouest est percée en son centre d’un portail en plein cintre qui paraît pour le moins très restauré. Pour peu spectaculaires qu’ils soient, ces vestiges suffisent à attester une première construction à une haute époque, puis une vaste église romane à trois nefs. Au moyen âge, il exista dans cette paroisse de nombreux établissements religieux, dont une aumônerie Sainte Catherine et une aumônerie Saint-Julien-du-Beurre, à Tasdon. » »

Saint Etienne,

Diacre et premier martyr (✝ 35)

Étienne qui porte un nom grec (stephanos, le couronné) apparaît parmi les disciples des apôtres dans la première communauté chrétienne de Jérusalem.

Quand des disputes (ce sont les premières mais, hélas pas les dernières dans l’histoire de l’Église) s’élèvent au sujet des veuves hellénistes et des veuves juives, on pense tout de suite à lui et il devient le premier des sept diacres chargés du service des tables. Il s’en acquitte à merveille sans pour autant se trouver exclu du service de la Parole.

Ce n’est pas en effet pour son service de charité qu’il est arrêté mais bien pour avoir, devant des représentants de la « synagogue des Affranchis », proclamé avec sagesse l’Évangile de Jésus, le Christ. On le conduit devant le sanhédrin. Il parle. On l’écoute longuement sans l’interrompre. Toute la prédication des apôtres défile dans son discours qui se termine par une vision divine: « Je vois les cieux ouverts et le Fils de l’Homme debout à la droite de Dieu. » C’en est trop. On se saisit de lui, on l’entraîne, on le lapide sous les yeux d’un certain Saul. Étienne meurt comme son Maître, pardonnant et s’abandonnant entre les mains du Père. Il est le premier martyr et, de ce grain tombé en terre, le premier fruit sera la conversion de Saul sur le chemin de Damas, pour qui le ciel s’est ouvert aussi.  Paul en fut aveuglé parce qu’il n’avait pas encore reçu la grâce du Baptême.

Saint Étienne, premier martyr et saint patron du diocèse – Eglise catholique de Seine et Marne – diocèse de Meaux : Étienne est le premier martyr. Aussi son témoignage a-t-il toujours gardé une valeur exemplaire dans l’Église. Choisi comme chef de file des Sept qui devaient décharger les Apôtres des tâches matérielles, il prit aussi sa part dans l’annonce de la Bonne Nouvelle. C’est en témoin du Christ ressuscité et en imitateur de sa passion qu’il mourut lapidé à Jérusalem.
– vidéo sur la webTV de la CEF: ‘Comme saint Etienne, portons le Christ au monde’, Benoît XVI.


Saint Étienne, témoin courageux
(source: VIS 091228 -300):
Le 26 décembre 2009, le Pape a dit que « celui qui se trouve dans la mangeoire, est le Fils de Dieu fait homme, qui nous demande de témoigner avec courage de son Évangile, comme l’a fait saint Étienne ».
Premier martyr chrétien « rempli de l’Esprit Saint, il n’a pas hésité à donner sa vie par amour de son Seigneur. Il meurt, comme son maître, en pardonnant ses persécuteurs et nous fait comprendre comment la venue du Fils de Dieu dans le monde donne naissance à une nouvelle civilisation, la civilisation de l’amour, qui ne se rend pas devant le mal et la violence et qui abat les barrières entre les hommes en les rendant frères dans la grande famille des fils de Dieu ».


« Le témoignage d’Étienne, comme celui des martyrs chrétiens, montre à nos contemporains souvent distraits et désorientés, sur qui doit reposer leur confiance pour donner un sens à leur vie. Le martyr, en effet, est celui qui meurt avec la certitude de se savoir aimé de Dieu, et, sans rien faire passer avant l’amour du Christ, sait qu’il a choisi la meilleure part ». Benoît XVI a ajouté que « l’Église, en nous présentant le diacre saint Étienne comme modèle, nous montre aussi, dans l’accueil et dans l’amour envers les plus pauvres, un des chemins privilégiés pour vivre l’Évangile et témoigner aux hommes de façon crédible du Règne de Dieu qui vient ».
Après avoir souligné que la fête de saint Étienne « nous rappelle aussi tous ces croyants qui, à travers le monde, sont mis à l’épreuve et souffrent à cause de leur foi », le Pape a demandé de s’engager « à les soutenir par la prière et à être fidèles à notre vocation chrétienne, en mettant toujours au centre de notre vie Jésus-Christ que nous contemplons, en ces jours, dans la simplicité et l’humilité de la crèche ».


Les Églises orientales fêtent Marie, en son mystère d’être la « Theotokos », la Mère de Dieu, la toujours Vierge, le 26 décembre, au lendemain de la Nativité. Elles reportent la célébration de saint Étienne au 27 décembre.

Fête de saint Étienne, premier martyr, vers l’an 34. Homme rempli de foi et d’Esprit Saint, premier des Sept que les Apôtres choisirent comme coopérateurs de leur ministère, il fut aussi le premier des disciples du Seigneur à verser son sang à Jérusalem, portant témoignage au Christ Jésus, qu’il affirma voir debout dans la gloire à la droite du Père et, pendant qu’on le lapidait, il priait pour ses persécuteurs.

Martyrologe romain (cf. Site Nominis).